Bartolone veut redorer le blason aéronautique de l’Ile de France

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Le « 9.3. », à savoir le département de la Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone le connaît bien pour y avoir parcouru son cursus scolaire et entamé sa vie politique d’élu du Pré-Saint-Gervais puis de député et maire de ladite commune qui l’on ensuite conduit au gouvernement et actuellement à la présidence de l’Assemblée nationale.

Mais ce n’est pas à ce titre qu’il y a une dizaine de jours Claude Bartolone a sillonné non seulement le département de l’Essonne d’où il a rejoint la Seine-Saint-Denis, le Musée de l’Air et de l’Espace et son complexe industriel. Il s’agit des élections régionales pour lesquelles il est tête de liste PS pour l’Ile-de-France.

Quel rapport avec l’industrie aéronautique direz-vous ? Pour lui qui a été marqué dès sa jeunesse par la présence de l’aéroport du Bourget qui a ensuite laissé place au Musée de l’Air et de l’Espace et qui reçoit tous les deux ans sur ce site chargé d’histoire le salon international de l’aéronautique et de l’espace mondialement connu sous le nom de Salon du Bourget, l’Ile-de-France ne tient pas le rôle qui lui revient s’étant fait usurper son aura par la Région Midi-Pyrénées, estime Claude Bartolone.

C’est vrai qu’avec l’avènement des pôles de compétitivité, Midi-Pyrénées associée à l’Aquitaine a pris le pas sur toutes les autres régions aéronautiques françaises. Sa renommée portée par la présence de l’avionneur Airbus et dorénavant avec sa maison-mère Airbus Group qui s’est installée en périphérie de la ville rose dépasse largement les frontières de l’Hexagone.

Et pourtant déplore le candidat aux élections régionales pour l’Ile de France, appuyé en cela par Nicolas Aubourg le président du pôle aéronautique Astech Paris-Région, c’est l’Ile de France qui porte haut les couleurs aéronautiques françaises et même européennes. Il avait pris son bâton de pèlerin la dernière semaine d’octobre en allant visiter quelques entreprises franciliennes afin de mieux comprendre leurs besoins en terme d’emploi et de formation, en une période tendue où aussi bien du côté aéronefs que moteurs les cadences de production augmentent d’une façon vertigineuse (Airbus ne vient-il pas d’annoncer qu’il passerait progressivement à la cadence de 60 A320/mois au début 2018 ?).

Si toutefois il lui était donné d’être à la tête de la région Ile-de-France, Claude Bartolone a affirmé sa volonté de redorer le blason aéronautique francilien. Et pour cela il voulait mieux comprendre les besoins des entreprises, notamment des PME et ETI franciliennes. Car il faut le rappeler, la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République, promulguée le 7 août 2015, tend à renforcer les compétences de la région.

Les principaux domaines d’intervention d’une région sont le développement économique, les lycées, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, l’aménagement du territoire et les transports. « La loi renforce le rôle de la région en matière de développement économique. Elle sera notamment responsable de la politique de soutien aux petites et moyennes entreprises [PME] et aux entreprises de taille intermédiaire [ETI]. Elle devra présenter un schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) qui fixera les orientations régionales pour une durée de cinq ans. La région aura également la charge de l’aménagement durable du territoire. … »

Alors rien d’étonnant que Claude Bartolone soit venu visiter le chantier de la future usine d’Airbus Helicopters dans cette zone d’aménagement située sur les villes du Bourget et de Dugny. Non seulement en début 2016 Airbus Helicopters transférera progressivement ses activités de la Courneuve sur ce site flambant neuf représentatif de l’usine du futur, mais en plus le site a vocation à accueillir le projet Aigle et ses 4 composantes : un incubateur, pépinière, hôtel d’entreprises, une plateforme ressources humaines, un centre d’animation de la filière aéronautique et un hôtel à démonstrateurs de produits porté par le pôle Astech. Un projet Aigle jugé trop long à se mettre en place par des chefs d’entreprises qui ont pointé du doigt cet écueil auprès de Claude Bartolone.

Une fois encore, la problématique de l’emploi a été aussi mise en exergue par les partenaires industriels, qu’ils soient de Seine-Saint-Denis ou de l’Essonne où il a visité le Groupe LPF et JPB Système à proximité du Safran-Snecma. Car si l’Ile-de-France compte plus de 100 000 emplois dont 25 % liés à la R&D la plupart chez les grands maîtres d’œuvre (Safran, Dassault Aviation, Airbus Safran Launchers, Thales, etc.), elle est en déficit de plus de 2 000 emplois qualifiés. La mauvaise image que véhiculent les métiers de la mécanique en particulier est sans doute la raison d’une telle désaffection des plus jeunes. Comment redorer le blason de ces métiers hautement qualifiés (chaudronnerie, traitements de surface, mécanique de précision, …) qui n’on plus rien à voir avec les ateliers de nos pères et grands pères. Là on peut dire que la problématique de l’Ile-de-France ne diffère pas de celle de Midi-Pyrénées. Et quelque soit le parti qui sortira vainqueur des urnes, et dans toutes les régions, il faudra bien à un moment ou à un autre trouver les leviers qui mobiliseront et rendront les métiers attrayants. Le Salon du Bourget avait une fois encore en juin dernier mis l’accent sur ce point autour de l’Avion des métiers. Il est évident que des relais efficaces doivent être mis en place à tous les niveaux de la société.

 

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Chez LPF, Claude Bartolone s’entretient avec un opérateur pour connaître ses motivations à travailler en atelier (photo NB)

 

Photo Aérienne en couverture : Complexe en construction du futur site d’Airbus Helicopters qui se substituera en 2016 à celui de la Courneuve (Photo Airbus Helicopters)

Nicole Beauclair pour AeroMorning

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