Clean Equity Monaco 2018 : investisseurs et entrepreneurs réunis pour un monde plus vert

Tenu chaque année au sein de la charmante cité monégasque, le congrès Clean Equity Monaco rassemble investisseurs et entrepreneurs autour d’une ambition commune, celle de contribuer à rendre nos modes de vie plus respectueux de l’environnement. En 2018, AeroMorning a participé à l’événement et a pris part aux présentations de projets d’entreprises écologiques prometteurs. Au terme des deux jours du programme et de débats sur le thème du développement durable, une question se pose : après plus de dix ans d’existence pour l’événement, quelle est aujourd’hui la sensibilité des investisseurs face à la problématique du réchauffement climatique qui nous concerne tous ? Nous vous livrons un reportage exclusif pour tenter de répondre à cette question.

 

Des investisseurs qui veulent faire la différence

Niché sur les falaises de Monaco, c’est au centre de conférence de l’hôtel Fairmont que s’est installée l’édition 2018 de Clean Equity. Le lieu est idéal pour des rencontres de qualités avec sa vue imprenable sur la Méditerranée et la clémence du climat de la côte d’Azur. Les entrepreneurs porteurs d’idées écologiques sont venus nombreux – 27 au total – pour y présenter leur projet et séduire des investisseurs. Car s’il y a bien un point commun entre tous les participants à Clean Equity Monaco, c’est certainement la volonté de faire avancer le mouvement écologique. La plupart des personnes prêtes à investir affiche l’ambition de découvrir un projet novateur garant de rentabilité et qui fera la différence en matière d’écologie dans le monde de demain. Un engagement commun qui fait la marque de Clean Equity.

 

Parmi les participants à l’événement, 29 nationalités étaient représentées (Loïck Laroche-Joubert).

 

Des projets d’entreprises engagées pour un avenir durable

Quels sont les projets que l’on découvre à Clean Equity ? Les domaines d’application des produits ou solutions présentés sont variés. De la production de matériaux durables au développement de moyens pour faciliter la mobilité urbaine, les projets ne manquent pas d’ambition. Autrement remarquable, la qualité des présentations et la maturité financière des start-ups : certaines ont déjà levé plusieurs dizaines de millions d’euros et espèrent une nouvelle levée pour passer à la vitesse supérieure.

Parmi le panel des jeunes entreprises, nous avons notamment retenu des projets hautement prometteurs à l’échelle mondiale. Par exemple, celui de l’entreprise Li-cycle, qui a breveté une technologie pour permettre de recycler entièrement les batteries au lithium-ion. Face à cela, les fondateurs de Silicon Fuel ne sont pas en reste, car ils ont développé une solution pour produire de l’énergie électrique à partir de pièces de silicone et d’eau. De nouvelles batteries plus légères et plus denses énergiquement sont issues de ce procédé et promettent de faire de l’ombre aux fabricants de batteries classiques.

Côté aérospatiale, une équipe d’entrepreneurs britanniques a fait le déplacement à Clean Equity 2018 pour défendre son projet d’avion d’affaires hybride à décollage et atterrissage vertical : le Starling Jet. Basé sur une configuration de type aile-volante, cet avion a été présenté au dernier Singapore Airshow et a suscité un fort intérêt chez les opérateurs d’avions privés. A ce jour, un prototype à échelle réduite vole déjà et témoigne de la faisabilité technique d’un tel concept. A voir si le processus de certification n’aura pas raison du Starling Jet …

 

Le Starling Jet développé par l’entreprise Samad Aerospace compte parmi les idée les plus ambitieuses présentées à Clean Equit (Samad Aerospace).

 

Echanges de qualité et débats constructifs 

Au-delà de la dimension entrepreneuriale incarnée par Clean Equity Monaco, l’événement se veut être un moment d’échanges autour d’une conviction commune. En rassemblant différents acteurs du monde financier, industriel et politique, des liens se créent et des idées émergent. Certaines seront certainement à l’origine de grands changements dans notre société tandis que d’autres serviront à faire avancer notre monde à moindre échelle. L’exemple des entreprises Li-cycle ou Silicone Fuel en témoigne.

Afin de catalyser les synergies et les idées, un moyen retenu par les organisateurs de l’événement réside dans la tenue de conférences et de débats sur différents thèmes liés au développement durable. Cette année, des acteurs influents ont animé ces moments d’échanges, à l’image du vice-président en Europe du Singapore Economic Development Board ou du professeur John Miles, à la tête du département transition énergétique à l’université de Cambridge.

Pour éclairer le panel présent, des sujets fondamentaux ont été abordés. Parmi ceux-ci notamment, celui de l’industrie 4.0 et de son niveau de maturité dans les industries en 2018. Ce mouvement mondial, qui peut être assimilé à une quatrième révolution industrielle basée sur la connexion des moyens de productions pour une optimisation intelligente, amorce doucement sa montée en puissance et devrait devenir la norme dans les grandes entreprises pendant la prochaine décennie.

 

Aperçu des participants au débat sur l’avenir des ressources énergétiques à grande échelle (Laroche-Joubert).

Quelles perspectives pour le développement durable ?

Selon les propos de son co-fondateur Mungo Park, « l’événement a connu des débuts difficiles ». Et pour cause, sa création remonte à 2007, à l’aube de la crise financière. Malgré tout, Clean Equity Monaco a vu évoluer la qualité des intervenants et des échanges de façon graduelle au fil des éditions. En 2018, l’édition est un succès et les participants savent qu’ils ont pris part à un événement qui ne manque pas d’influence dans le monde de l’entrepreneuriat et de l’innovation durable.

Et pour conclure, il y a une chose que l’on retient de cette édition Clean Equity : en dépit de l’engagement des entrepreneurs et des investisseurs dans le sens de l’écologie, la commercialisation de produits ou solutions durables reste difficile. Les individus que nous sommes – qui représentent le principal marché -, peinent à changer leurs comportements et habitudes. L’écologie est donc une affaire de tous, et pas seulement une question de loi ou devoir. C’est une question de responsabilité commune.

 

Loïck Laroche-Joubert, à Monaco pour AeroMorning

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