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Interview de Nicolas Bonleux Directeur Général Liebherr- Aerospace par AeroMorning

Interview de Nicolas Bonleux Bonleux Directeur Général Liebherr- Aerospace par AeroMorning

AeroMorning : Bonjour Nicolas Bonleux, Nous sommes heureux de vous recevoir.

Nicolas Bonleux : Bonjour,

AeroMorning :

En l’espace de six mois, Liebherr-Aerospace a reçu les quatre trophées suivants :

  • Le « trophée du meilleur fournisseur toutes catégories» attribué par Airbus
  • Le « trophée de l’excellence » attribué par Boeing,
  • Le trophée de « meilleur parmi les meilleurs » (« best of best ») attribué par Embraer,
  • Le trophée « de la meilleure approche de la relation client-fournisseur» par COMAC

Quelle est selon vous la recette Liebherr-Aerospace pour obtenir ce résultat face à vos concurrents ?

Nicolas Bonleux : Ces quatre trophées en six mois mettent en lumière la pertinence de la stratégie conçue et exécutée par Liebherr-Aerospace depuis plusieurs années et fondée sur l’engagement des hommes et des femmes, des investissements substantiels dans les technologies de différentiation et dans les outils industriels de prochaine génération. Cela illustre enfin les relations qui unissent les équipes opérationnelles de Liebherr Aerospace avec celles de ses clients, qui constituent une condition essentielle du succès d’une coopération industrielle.

Aeromorning :

La qualité a un prix. Comment Liebherr-Aerospace concilie-t-elle la qualité et la maitrise de ses coûts pour rester compétitive ?

Réponse Nicolas Bonleux :

La qualité n’a pas de prix ! Que ce soit pour nos clients avionneurs, pour nos clients communs opérateurs ou pour Liebherr-Aerospace, la non-qualité a un coût très important, en termes financiers comme en terme de sécurité des opérations, d’attention du management et de consommation de ressources, et bien sûr en termes de réputation.

La qualité est en réalité une condition essentielle de la compétitivité du produit, en même temps qu’un aspect de la maîtrise des coûts. Liebherr-Aerospace met en oeuvre depuis plusieurs années un système de maîtrise de la qualité très performant, nommé QRQC (Quick Response Quality Control – Contrôle Qualité de Haute Réactivité), qui a généré des résultats spectaculaires. Nous déployons ce système également auprès de notre chaîne d’approvisionnement. Nos investissements substantiels dans l’usine du futur et dans les technologies de prochaine génération ont pour objectifs, entre autres, d’accroître de concert la compétitivité et la qualité de nos opérations.

Aeromorning :

Pendant longtemps, de nombreuses sociétés ont considéré qu’il fallait se concentrer sur un métier propre en sous- traitant les autres activités. Ce mouvement a maintenant atteint ses limites et l’on voit aujourd’hui des sociétés comme Airbus vouloir reprendre en tout ou partie (dessin ou fabrication) d’activités hautement rentables comme les trains d’atterrissage ou les nacelles moteurs plutôt que de les laisser à des sous- traitants. Boeing fait de même avec des équipements avionique qu’il conçoit maintenant au lieu de les sous-traiter. On se retrouve donc avec une tendance d’intégration verticale chez les fabricants d’avion, au moins occidentaux.

Cette tendance lourde des principaux constructeurs d’avion a-t-il un impact sur la société Liebherr-Aerospace ? Comment Liebherr-Aerospace compte –t-elle le prendre en compte ?

Réponse Nicolas Bonleux :

La société Liebherr-Aerospace est suffisamment préparée pour s’adapter à ces tendances nouvelles qu’elle avait déjà envisagées. Grâce à la vision long-terme de nos actionnaires familiaux privilégiant le développement de l’entreprise, Liebherr-Aerospace a continuellement investi dans les positionnements de marché qui permettent de répondre aux futurs besoins de nos clients avionneurs, en termes de technologie comme de partage des tâches entre eux et nous. Nous leur offrons une palette très large de modes de collaboration, sur lesquels ils peuvent appuyer leur stratégie produit : ils nous confient ainsi, selon les types de systèmes et les programmes concernés, soit des systèmes hautement intégrés, soit des équipements isolés dont ils peuvent dans certains cas assurer eux-mêmes la conception.

Cette correspondance entre leur stratégie de verticalisation et notre propre approche produit nous a ainsi offert des opportunités d’affaires supplémentaires que nous avons matérialisées récemment, comme par exemple des électroniques autonomes embarquées chez Boeing ou des équipements pour les nacelles chez Airbus.

AeroMorning :

Comment la société Liebherr-Aerospace prévoit-elle d’aborder le digital « end to end » dans la conception et la réalisation de ses productions ?

Réponse Nicolas Bonleux :

Nous avons entrepris une approche de digitalisation transverse de notre entreprise, qui couvre toutes nos activités, avec un focus sur la continuité digitale. De nombreux aspects de cette approche sont en cours de déploiement. Cette initiative de digitalisation fait partie intégrante de notre plan stratégique et nous sommes en cours de mise en œuvre des structures et processus correspondants.

 Le « end-to-end », ou continuité digitale, constitue un élément très fort de notre vision stratégique globale : il permet des gains d’efficacité et des optimisations substantielles à toutes les étapes du cycle de vie du produit, que ce soit entre les diverses fonctions de Liebherr-Aerospace ou entre Liebherr-Aerospace et ses partenaires avionneurs et opérateurs.

AeroMorning :

Toutes les sociétés se précipitent maintenant vers les services, la maintenance prédictive. Comment Liebherr-Aerospace aborde-t-il en lien avec les fabricants d’avions cette nouvelle tendance ?

Réponse Nicolas Bonleux :

Les services ont de longue date représenté une grande part de nos activités. L’optimisation des coûts d’exploitation des opérateurs a toujours été une priorité pour nous. La maintenance prédictive offre un potentiel très significatif de réduction du coût total de possession du produit grâce au « big data », cette possibilité de collecter et de corréler une quantité jusque-là inédite de données et d’en tirer des recommandations opérationnelles. Nous investissons d’importants efforts de R&D, et construisons les compétences et les équipes nécessaires, pour faire bénéficier nos clients de cet immense potentiel. Les résultats des premières expérimentations que nous avons menées avec Airbus au sein de leur plate-forme de maintenance prédictive Skywise –dont nous sommes l’un des premiers fournisseurs utilisateurs grâce à l’initiative « early adopters »- sont tout-à-fait concluants.

AeroMorning :

Avec les nouvelles technologies, l’électrification, les vols envisagés avec un seul pilote ou même sans pilote, un monde plus vert, quels sont les axes que développe Liebherr-Aerospace pour définir son futur ?

Réponse Nicolas Bonleux :

Nous investissons chaque année plus de 15% de notre chiffre d’affaires en R&D, un chiffre bien au-delà de la moyenne du secteur. Nos efforts se concentrent en particulier sur la réduction de l’empreinte carbone du transport aérien, et notamment l’électrification de la propulsion et des systèmes embarqués. Les nouvelles technologies qui sont en cours de développement chez Liebherr-Aerospace et qui entreront en service dans la prochaine décennie et dans la suivante permettront un progrès spectaculaire dans la réduction d’empreinte carbone des aéronefs : génération de puissance électrique par pile à combustible, moteurs électriques de forte puissance et de haute tension, électronique de puissance de forte puissance et de haute tension, génération de puissance hydraulique locale, gestion de la puissance embarquée, gestion thermique, actionnement électrique, actionnement de commandes de vol pour ailes fines hautement intégrées, détections sans capteurs mécaniques, anti-givrage électrique, matériaux composites sont autant d’exemples des types de systèmes très divers dans lesquels Liebherr-Aerospace engage ses efforts pour construire le transport aérien vert de demain.

AeroMorning :

Les entreprises « libérées », les espaces ouverts, les méthodes agiles telles que les pionniers Google, Amazon, Facebook, Apple ont adoptés semblent maintenant un standard pour développer vite, à coût maitrisé tout en attirant la jeune génération.

Où en est Liebherr-Aerospace de ce point de vue ?  Où en est la parité homme –femme et quelle est la tendance ?

Réponse Nicolas Bonleux :

L’initiative Liebherr-Aerospace de transformation numérique et de déploiement des concepts de l’usine du futur comporte un volet très important de revue des processus, des méthodes, des espaces de travail, des interfaces homme-machine et du rôle central du partage de l’information. Après quelques expériences pilotes menées ces dernières années, notre plan est à présent prêt à être mis en œuvre de façon systématique et sera lancé début 2020.

La capacité à attirer les jeunes talents, tout comme la parité homme-femme, sont des thématiques centrales dans notre stratégie de développement. De ce point de vue notre industrie, l’industrie aéronautique, est imprégnée du legs de son histoire et est donc confrontée à des défis d’autant plus ambitieux à résoudre qu’elle a traditionnellement été organisée pour gérer des cycles longs porteurs d’une certaine inertie. A nous d’inventer une manière d’aller plus vite que dans le passé tout en préservant les caractéristiques de sécurité et de fiabilité qui ont fait son succès.

AeroMorning : Nicolas Bonleux, nous vous remercions d’avoir bien voulu nous accorder cette interview et livrer à nos lecteurs quelques éléments de compréhension sur la société Liebherr-Aerospace et son positionnement actuel et futur. 

Réponse Nicolas Bonleux :

Merci à vous et bonne journée.

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