Le supersonique revient nous faire rêver

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Le luxe dans toute sa splendeur. C’est ce à quoi s’attendent tous les visiteurs du très célèbre salon de l’aviation d’affaires (NBAA) qui se tient cette semaine à Las Vegas. Il était programmé de longue date et il n’y avait aucune raison d’y déroger.

Sauf qu’à la veille de son ouverture s’étaient déroulés à Paris les événements sanglants que l’on a tous encore à l’esprit. Notre avionneur national Dassault Aviation dont les activités se partagent entre les avions d’attaque, tels les Mirage 2000 et les Rafale engagés dans la guerre contre l’Etat islamique et Daesh, et l’aviation d’affaires avec sa famille d’avions Falcon est présent bien évidemment à cette exposition américaine, et il a tenu par la voix de son président Eric Trappier, à marquer sa solidarité envers toutes les familles touchées par les drames parisiens.

Tout comme on proclamait dans le temps passé « le roi est mort vive le roi », aujourd’hui force est de dire pour faire front à cette calamité que sont les attentats auxquels le monde occidental est soumis que « les affaires continuent ».

Donc le business continue avec tout ce qui découle d’innombrables programmes de développement plus ou moins secrets.

Las Vegas avec son aura est une fois encore l’endroit incontournable de l’aviation d’affaires où l’on découvre que Cessna tout en poursuivant ses programmes d’avions Latitude et Longitude se tourne dorénavant vers un plus gros appareil qu’il appelle l’Hemisphere. On s’attendait côté français à une mauvaise nouvelle. Et s’en est une car à l’origine le Citation Longitude devait être motorisé par le moteur Snecma Silvercrest développé de A à Z par la filiale du groupe Safran. Le doute est maintenant levé. Il n’en sera rien. Cessna prétexte que le moteur est trop puissant pour son Longitude et il a retenu le turboréacteur Honeywell HTF 7700L pour le propulser avec comme lot de compensation l’inverseur de poussée signé Aircelle, une autre filiale de Safran qui a été retenu pour son concept PERT (Planar Exit Rear Target) à deux portes pivotantes.

Bien que le groupe français connaît des soucis de mise au point de son tout nouveau Silvercrest et qui met en sourdine le programme Falcon 5X de Dassault Aviation, Cessna semble garder sa confiance à Snecma en laissant entendre qu’il pourrait retenir cette nouvelle motorisation pour son nouveau Citation Hemisphere présenté le 16 novembre à Las Vegas.

On constate donc une montée en gamme chez la majorité des constructeurs d’avions d’affaires, car outre le Falcon 8X qui a réalisé plus de la moitié de ses essais en vol en vue de sa certification et une mise en service à la XXX, Dassault Aviation confirme qu’il poursuit le développement de son Falcon 5X à large fuselage et qui sera le premier appareil à être doté du Silvercrest.

La NBAA a aussi été l’occasion pour Gulfstream de présenter son G500 également à large fuselage qui a fait son premier grand déplacement entre Savannah (Gerogie) et Las Vegas en 4 heures et 36 minutes.

Mais en fait, l’édition 2015 de la NBAA restera marquée non pas par ces avions d’affaires spacieux mais par les annonces faites par la société Aerion dont on savait qu’elle travaillait sur un appareil supersonique.

Il aura fallu attendre le mardi 17 novembre pour qu’Aerion officialise la première commande pour cet appareil dénommé AS2 et auquel Airbus Group North America apporte son concours. Le premier client sera donc Flexjet, la société de multipropriété et de crédit-bail qui propose à ses clients des avions haut de gamme. Elle s’est engagée ferme pour l’achat de 20 appareils AS2.

La veille Aerion avait rappelé l’accord qu’il avait signé il y a un an avec Airbus Group concernant un partenariat pour le développement de cet appareil supersonique. Pour preuve que malgré le retrait du service du Concorde franco-britannique il y a maintenant 12 ans, l’idée d’un appareil commercial dépassant le mur du son est toujours d’actualité. Certes le projet Alliance qui avait été lancé entre Français et Britannique en fin de décennie 1990 a fait long feu. Mais il était évident que des deux côtés de l’Atlantique des programmes plus ou moins secrets ne demandaient qu’à être réactivités.

On le constate sur le Vieux continent c’est Airbus Group qui se place définitivement sur ce projet via sa filiale américaine, tandis qu’en Grande-Bretagne on parle du projet SonicStar de la société HyperMach. Et bien entendu aux Etats-Unis, portés aussi par la manne de la Nasa et les moyens qu’elle peut offrir pour ce type de projet, on retrouve aussi Gulfstream qui lui a choisi de travailler avec Lockheed Martin tandis que Spike Aerospace vise un supersonique de près de 20 passagers alors que Aerion et Gulfstream sont sur le créneau des 12 places.

On peut imaginer aussi que Dassault Aviation garde jalousement dans ses cartons des projets d’avion supersonique qu’il a « officiellement » délaissé il y a une bonne dizaine d’années… le temps de trouver le ou les moteurs qui permettront de propulser ces appareils à plus de Mach 1 (on parle de Mach 1,5 pour le trimoteur AS2), ceci en consommant le moins possible, et en étant le plus silencieux possible. Le diktat écologique n’a fait que se renforcer depuis l’époque de Concorde.

Mais en attendant ces supersoniques ou pour le moins les projets nous font encore rêver, il faut bien cela par les temps qui courent.

Nicole Beauclair pour AeroMorning

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