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Piratage des objets connectés, Quels enjeux pour l’aviation de demain ? Entretien

Piratage des objets connectés, Quels enjeux pour l’aviation de demain, Frédéric SALLES PDG de Matooma

Frédéric SALLES, PDG de Matooma, entreprise experte dans la connexion et la gestion des objets connectés par carte SIM.

Frédéric Salles, Président fondateur de Matooma et expert de la 5G, nous explique comment sa société aide les professionnels à se prémunir des piratages d’objets connectés (aussi appelé IoT ou Internet of Things), et à développer des solutions de déploiement d’objets connectés à distance.

Quels sont les cas d’usage d’objets connectés couverts par Matooma ?

Premier cas, Matooma connecte des drones qui nécessitent une autonomie, en utilisant une carte SIM4G, lui permettant des descentes d’images depuis le drone et transferts de vidéos en temps réel. Ce procédé est utilisé notamment par les pompiers qui envoient des drones sur le lieu de d’inspection et sont alors capables de recevoir immédiatement toutes les images de la situation. Cette connexion par carte SIM permet d’envoyer le drone à de plus longues distances car elle ne pas dépend pas d’une fréquence radio .
Deuxième cas d’usage, Matooma permet de connecter en 3G ou 4G des avions à basse altitude comme les avions de tourisme, ouvrant la voie à de la télémaintenance sur avion. Sur les avions de ligne, Matooma propose des routeurs intégrés avec cartes SIM4G pour décharger les données de vol de l’avion dès son atterrissage comme c’est le cas sur certains avions d’Airbus aujourd’hui.
Dans ces 3 cas d’usage, la sécurisation des données stratégiques est importante. Via internet une carte SIM est aisément piratable. Pour contrer ce risque, on peut recourir à deux solutions : soit mettre un logiciel de cryptage dans le modem connecté à la carte SIM de l’avion ou des drones, soit ne pas passer par l’Internet classique mais créer un lien sécurisé à l’aide d’un APN (Access Point Name) d’une carte SIM M2M éventuellement complété par un VPN (Virtual Private Network) sur Internet. Il s’agit alors d’un sous-réseau d’Internet, invisible et inattaquable, utilisé pour faire transiter les données. Un sous-réseau Internet entre la carte SIM de l’avion et le réseau privé constitué de liaisons privées reliées à un serveur des données sécurisé privé.

C’est cette dernière solution de réseau privé que Matooma a choisi de proposer à ses clients depuis 4 ans, notamment dans l’aéronautique.

Matooma déploie aussi ces solutions sur d’autres domaines comme par exemple la gestion d’infrastructures : celle des eaux ou le réseau parisien Vélib

Frédéric Salles nous indique qu’en IOT (Internet of Things) la plupart des cyber attaques se font sur des objets qui sont équipés avec une carte SIM et une adresse IP publique, donc visibles sur Internet. La malveillance fréquente consiste à créer des logiciels robots capables d’envoyer des quantités de données importantes sur les IP connectées aux IOT (Ping), ce qui empêche le bon fonctionnement de de la connexion avec l’objet connecté.
Cela a aussi des conséquences financières pour les entreprises car les opérateurs télécom facturent par nombre de données entrantes et sortantes le trafic sur la carte Sim. C’est une raison qui a aussi conduit Matooma à ne pas recommander d’adresse IP fixe sur Internet, s’il n’y a pas d’autre protection de cette IP.

Quant à la 5G, nouvelle norme de communication plus rapide, elle va permettre la mise en place de deux types d’infrastructures de connexion IoT

La première infrastructure est utilisation d’un réseau mobile 4G pour les connexions haut débit et l’emploi d’un réseau bas débit pour les autres. Un industriel qui conçoit un IOT devra ainsi souder un composant pour accéder à l’un ou à l’autre de ces réseaux.
L’autre option est l’utilisation d’un réseau 5G, bien plus rapide que la 4G et où il existe nativement le choix entre haut débit (1Giga bit par seconde), et le bas débit. Ceci permet de choisir le haut débit ou le bas débit, soit les deux sans avoir à souder de composant. Il s’agit d’une grande simplification et d’ un gain de temps associé à une couverture mondiale, la 5g étant une norme mondiale qui fonctionnera toujours sur la même fréquence.

Frédéric SALLES est aujourd’hui à la tête d’une entreprise dont le chiffre d’affaires a atteint les 16 millions en 2019, dépassant les espérances.

Matooma a profité d’un développement important au cours des sept dernières années : elle réalise un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en 2018, dispose de 2 500 clients et de 500 000 objets connectés via une carte SIM, quel que soit l’opérateur. Frédéric Salles, qui prévoyait un bilan 2019 de 15 millions d’euros, est heureux de finaliser son bilan au-delà de ses espérances, le CA ayant atteint les 16 millions d’euros pour 2019.
Un recrutement Matooma d’une dizaine de personnes est en cours, celles-ci étant recherchées pour des postes commerciaux ou informatiques, notamment des chefs de projets et des développeurs web « full stack » (multicompétent).
Matooma vient d’être racheté par l’anglais Wireless Logic, un acteur majeur du secteur qui dispose de 3,1 millions d’objets connectés dans son portefeuille. Il s’agit d’un choix raisonné des sociétés Mattoma et Wireless Logic qui ont conclu tous les deux que la taille critique sur le marché européen était un facteur indispensable de succès. Matooma conserve son nom et son organisation, et reste à Montpellier, ville de création de l’entreprise. Ensemble, Matooma et Wireless Logic ont désormais la taille et les capacités pour accroitre significativement leur activité sur l’Europe, voire plus loin.
Propos recueillis par Nadia DIDELOT

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