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Résultat opérationnel courant 2018 élevé, à 581 M€, porté par un environnement de prix favorable

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Chiffre d’affaires en progression de 5 % sur l’année 2018 à 3 825 M€[1] dans un contexte de prix des métaux en hausse, et de marchés porteurs pour les sables minéralisés. Nouveaux records opérationnels pour la division Mines et Métaux[2], confirmant les ambitions du Groupe :

  • 4,3 millions de tonnes de minerai de manganèse produites,
  • 1,2 million de tonnes de minerai de nickel de Nouvelle-Calédonie exportées en 2018
  • 774[3] milliers de tonnes de concentrés de sables minéralisés produits.

EBITDA à 843 M€1, en ligne avec la guidance communiquée. Deuxième année de forte création de valeur, avec un ROCE à 22%. Résultat opérationnel courant élevé,à 581 M€1, avec des performances contrastées selon les activités, notamment des difficultés de production de l’activité Nickel et un environnement de marché défavorable dans les principaux secteurs de la division Alliages Haute Performance[4]. Résultat net part du Groupe à 53 M€1, incluant une provision non courante de 65 M€, afin de prendre en compte le coût du traitement de la revue des processus qualité au sein de la division Alliages Haute Performance. Endettement net de 717 M€1 soit un gearing[5] de 38 %, reflétant l’acquisition de Tizir. Versement de dividendes aux actionnaires au titre de 2018 : un montant de 0,60 € par action, correspondant au maintien d’un taux de distribution de 30 %, sera proposé lors de l’Assemblée Générale des Actionnaires du 23 mai 2019. Etape clé en 2019 pour les projets majeurs de croissance du Groupe :

  • Croissance organique du minerai de manganèse avec un objectif de production de 4,5 Mt dès 2019 et prise de décision attendue pour l’augmentation fin 2023 à 7 Mt,
  • Prise de décision attendue pour le projet Lithium en Argentine, marquant l’accélération de la stratégie de diversification dans les métaux pour la transition énergétique

Croissance intrinsèque et gains de productivité attendus en 2019, permettant de compenser la dégradation actuelle des conditions de marché, et conduisant ainsi à un EBITDA prévisionnel proche de celui de 2018[6].

Christel BORIES, Président-Directeur Général du Groupe :

En 2018, Eramet a réalisé pour la deuxième année consécutive des résultats élevés, avec un EBITDA de 843 M€ et un résultat opérationnel courant de 581 M€, notamment grâce à un environnement de prix favorable. Nous avons atteint de nouveaux records de production dans nos activités minières, pris le contrôle à 100 % de TiZir, réduit le nombre d’accidents du travail et avons lancé de nombreuses initiatives afin d’améliorer notre performance opérationnelle et notre engagement d’entreprise responsable.

Ces succès ne se sont néanmoins pas traduits par des résultats à la hauteur de nos ambitions. En effet, certaines de nos activités ont affiché des performances en-dessous de nos attentes : c’est notamment le cas de la SLN en Nouvelle Calédonie, de l’usine de Sandouville et de notre division Alliages Haute Performance. Nous mettons tout en oeuvre pour que dans les prochains mois se concrétisent le plan de sauvetage de la SLN, la mise à niveau de Sandouville, ainsi que les bases d’une meilleure performance de la division Alliages Haute Performance.

2018 aura surtout été l’année de la mise en mouvement avec le déploiement de notre plan stratégique et de notre profonde transformation managériale. Nous avons bâti notre vision pour le futur : être les meilleurs dans les activités que nous avons choisies et être une entreprise reconnue pour son modèle stratégique, managérial et sociétal. Un nouvel Eramet se dessine, incarné par l’élan et l’engagement de nos 13 000 collaborateurs et de nos partenaires.

2019 sera aussi l’année de l’accélération de notre transformation et de la prise de décision pour nos deux grands projets stratégiques : accroissement de 50 % des volumes de minerai de manganèse au Gabon, et production de lithium en Argentine. Ces projets sont majeurs dans la stratégie d’Eramet afin de rendre notre modèle pérenne, plus robuste, rentable et porteur de croissance.

Le Conseil d’administration d’Eramet, réuni le 20 février 2019 sous la présidence de Christel BORIES, a arrêté les comptes de l’exercice 2018[7] qui seront soumis à l’Assemblée Générale du 23 mai 2019.

  • Sécurité

Le taux de fréquence des accidents du travail (TF2[8]) a baissé de 23%, passant de 10,3 à 7,9 en 2018, notamment grâce à la poursuite du plan d’action prioritaire déployé par le Groupe avec des opérations de prévention et de sensibilisation à la sécurité permettant de renforcer la vigilance des collaborateurs.

  • Chiffres clés du groupe Eramet
(Millions d’euros)1 2018 2017 Variation (M€) Variation5 (%)
Chiffre d’affaires 3 825 3 652 + 173 + 5 %
EBITDA 843 871 – 28 – 3 %
Résultat opérationnel courant (ROC)   581 608 – 27 – 4 %
Résultat net part du Groupe 53 203 – 150 – 74 %
Free Cash-Flow (hors acquisition de TiZir)2 162 477 – 315 – 66 %
Endettement net (Trésorerie nette) 717 376 + 341 + 91 %
Gearing3 38 % 19 % + 19 pts Na
ROCE (ROC / capitaux employés4 de l’année n-1) 22 % 21 % + 1 pt Na

1 Données ajustées issues du reporting du Groupe dans lequel les co-entreprises sont comptabilisées selon l’intégration proportionnelle. La réconciliation avec les comptes publiés est présentée en annexe.

2 Le free cash-flow de l’exercice 2018 s’élève à -211 M€ et est impacté à hauteur de 373 M€ de l’acquisition de Mineral Deposit Limited, société australienne qui détenait 50% du capital de TiZir

3 Ratio endettement net sur capitaux propres

4 Somme des capitaux propres, de l’endettement financier net, des provisions pour remise en état des sites, pour restructuration et autres risques sociaux, diminuée des immobilisations financières, hors capitaux employés Weda Bay Nickel.

5 Données arrondies au % supérieur ou inférieur.

Le chiffre d’affaires du Groupe affiche une progression de 5 % par rapport à 2017 à 3 825 M€. A périmètre[9],[10] et change constants10, la variation du chiffre d’affaires du Groupe serait d’environ 8 %.

Le résultat opérationnel courant du Groupe s’élève à 581 M€, en baisse de 4 %. La bonne performance opérationnelle des activités de minerai de manganèse (Comilog) et de sables minéralisés (TiZir), ainsi que la progression d’Erasteel ont été effacés par l’effet ciseaux négatif sur les marges des alliages de manganèse, une sous performance à la SLN compte tenu de difficultés sociétales en Nouvelle-Calédonie, et les pertes réalisées par l’usine de Sandouville et Aubert & Duval.

Le résultat net part du Groupe (« RNPG ») s’élève à 53 M€, par rapport à 203 M€ en 2017. Une charge exceptionnelle de 265 M€ a été comptabilisée pour Aubert & Duval (dépréciation d’actifs de 200 M€ annoncée au S1 2018 et provision non courante de 65 M€ pour le traitement de la revue des processus qualité). Celle-ci a été partiellement compensée par un résultat net positif de 147 M€ au titre des autres produits et charges non courantes, lié notamment à la cession de Guilin, la levée des conditions nécessaires à la mise en oeuvre de l’accord de partenariat Weda Bay Nickel et la reprise d’impairment sur TiZir.

Le free cash-flow, hors acquisition de TiZir, s’établit à + 162 M€ en 2018. Il s’élève à – 211 M€ après prise en compte de l’intégration à 100 % de TiZir, suite au succès de l’OPA en juillet pour un total de 373 M€, incluant le règlement du coût d’acquisition (220 M€) et la consolidation de la dette de TiZir. Les investissements industriels sont restés modérés à 281 M€ en 2018.

Par ailleurs, le versement en 2018 de dividendes au titre des résultats 2017 aux actionnaires d’Eramet (61 M€) et aux minoritaires de Comilog (59 M€) s’est élevé à 120 M€.

L’endettement net s’établit ainsi à 717 M€ au 31 décembre 2018, soit un gearing de 38 %, contre 376 M€ fin 2017. Hors acquisition de TiZir, l’endettement net est en réduction de 32 M€ par rapport à 2017.

  • Stratégie financière

En février 2018, le RCF a été étendu pour un montant de 981 M€ et une maturité de cinq ans, avec une nouvelle échéance à 2023. En février 2019, la maturité a été prolongée à 2024. Aucun montant n’est tiré sur le RCF à ce jour.

Afin de soutenir ses dépenses de R&D, de modernisation et transformation numérique, Eramet a conclu en octobre avec la Banque Européenne d’Investissement un financement de 120 M€ dont la maturité est de 10 ans.

Au 31 décembre 2018, la liquidité financière d’Eramet reste importante, à 2,5 Md€.

Compte tenu de la volatilité et de la cyclicité des marchés d’Eramet, le Groupe vise à :

  • disposer en permanence d’un montant minimal de cash disponible de 500 M€ pour se prémunir contre un risque de bas de cycle,
  • maintenir le ratio de dette nette sur capitaux propres (« gearing ») en-dessous de 100%.

A fin 2018, le Groupe respecte très largement ces seuils avec un cash disponible de 1,4 Md€ et un gearing de 38 %.

De plus, sous réserve de la prise de décision de ces investissements au printemps 2019, Comilog a donné mandat à la Banque Mondiale pour la syndication du financement de sa croissance organique et concernant le projet Lithium, l’objectif est d’obtenir un nouveau financement spécifique.

  • Chiffres clés par activité
(Millions d’euros)1 2018 2017 Variation (M€) Variation3 (%)
DIVISION MINES ET METAUX        
BU Manganèse Chiffre d’affaires 1 857 1 819 + 38 + 2 %
  ROC 699 719 – 20 – 3 %
BU Nickel Chiffre d’affaires 738 644 + 94 + 15 %
  ROC (111) (125) +144 + 11 %4
BU Sables Minéralisés2   Chiffre d’affaires 212 100 + 112 + 112 %
  ROC 35 19 + 16 + 84 %
DIVISION ALLIAGES HAUTE PERFORMANCE        
A&D et Erasteel Chiffre d’affaires 1 020 1 087 – 67 – 6 %
  ROC (8) 32 – 40 – 125 %

1 Données ajustées issues du reporting du Groupe dans lequel les co-entreprises sont comptabilisées selon l’intégration proportionnelle. La réconciliation avec les comptes publiés est présentée en annexe.

2 Activité Sables Minéralisés consolidée à 100% dans le reporting du Groupe à compter du 1er juillet 2018.

3 Données arrondies au % supérieur ou inférieur.

4 Réduction de pertes

  • Division Mines et Métaux

BU Manganèse

Le chiffre d’affaires de la BU Manganèse (hors activité Sables Minéralisés), qui représente environ 49 % du chiffre d’affaires consolidé, progresse de 2 % à 1 857 M€ en 2018 par rapport à 2017. Malgré la bonne tenue des prix du minerai, le résultat opérationnel courant est en baisse de 3 % à 699 M€, pénalisé par l’effet ciseau des marges des alliages de manganèse.

La production mondiale d’acier au carbone, principal débouché du manganèse, a atteint un nouveau record historique en 2018 à 1 802 Mt, en hausse de 4,4 %[11] par rapport à 2017. Cette croissance a été soutenue non seulement par la demande en Chine (+ 6,6 %11), qui représente environ 52 % de la production mondiale, mais également par l’Inde (+ 4,9 %11) et par l’Amérique du Nord (+ 4,1 %11).

La demande chinoise a en outre été tirée par de nouvelles réglementations favorisant les nuances d’acier de meilleure qualité nécessitant davantage de manganèse.

Pour répondre à cette forte demande de minerai, l’ensemble des producteurs mondiaux a fonctionné à pleine capacité, avec un léger excédent par rapport aux besoins du marché en fin d’année. Ainsi, les stocks de minerai dans les ports chinois s’élèvent à 3,1 Mt à fin 2018, en hausse de 1,3 Mt sur l’année.

Le prix moyen du minerai de manganèse CIF Chine 44 % s’est ainsi maintenu à un niveau élevé à 7,16[12] USD/dmtu sur l’année, en hausse de 20 %12 par rapport à 2017.

La hausse du chiffre d’affaires de la BU Manganèse ne reflète toutefois pas totalement la bonne tenue du prix spot moyen du marché du minerai de manganèse sur l’année, compte tenu notamment de l’impact défavorable du taux de change €/USD en 2018 par rapport à 2017 et de ventes début 2017 qui avaient été conclues sur la base des prix spot très élevés de décembre 2016.

Au Gabon, Comilog a établi un nouveau record de production de minerai à 4,3 Mt en 2018, en hausse de 4 % par rapport à 2017. Les volumes de minerai transportés n’ont atteint que 4 Mt malgré les progrès réalisés sur la logistique ferroviaire, du fait de sept déraillements sur l’année dont deux concernant des trains Comilog. Les ventes externes de minerai ont progressé de 2 % à 3,4 Mt sur la même période.

En 2018, les prix des alliages de manganèse ont fléchi en Europe par rapport à 2017, notamment ceux du ferromanganèse affiné (- 12 %12). Cela s’est traduit par la poursuite de l’effet ciseaux[13] sur les marges des alliages de manganèse, qui a pesé sur les résultats 2018 à hauteur de 133 M€.

La production d’alliages de manganèse s’est élevée à 720 kt en 2018. Les volumes de ventes ont augmenté à 703 kt, avec un record de ventes d’alliages affinés de ferromanganèse (+ 6 % à 313 kt).

En 2018, Eramet a poursuivi l’étude d’avant-projet d’extension de la mine de Moanda au Gabon. L’objectif rehaussé est d’atteindre 7 Mt à fin 2023, soit plus de 50 % de croissance par rapport à 2018, grâce au développement du plateau d’Okouma en parallèle de celui de Bangombé, actuellement exploité. Le montant total de l’investissement est estimé à près de 600 M€ réparti sur cinq exercices, et la décision finale devrait être prise au printemps 2019 à la conclusion des études techniques et économiques.

Dans ce cadre, un procédé alternatif de traitement à sec d’une partie du minerai du plateau de Bangombé a démarré fin 2018. Ce procédé permet une flexibilité dans l’exploitation de la mine de Moanda en allongeant la durée de vie du plateau actuellement exploité, ainsi qu’une augmentation des volumes produits à court terme. Sur cette base, et sans investissement significatif, l’objectif de production en 2019 s’élève d’ores et déjà à 4,5 Mt de minerai de manganèse, traduisant une avancée importante dans la croissance organique de Comilog.

Cette dynamique de croissance est supportée par le programme de rénovation de la voie de chemin de fer avec le doublement de la capacité de transport du Transgabonais, opéré par Setrag, filiale à
100 % de Comilog. Depuis le début du programme en 2016, la capacité a augmenté de plus de 30 %.

2019 marquera une nouvelle étape dans le programme de rénovation, notamment en termes de transformation numérique, avec la mise en place du nouveau centre de contrôle doté de moyens de communication numériques avec les convois roulants.

BU Nickel

L’année 2018 a été particulièrement difficile, en termes de productivité, pour l’activité Nickel compte tenu d’un contexte social et sociétal perturbé en Nouvelle-Calédonie, et des mauvaises performances de l’usine de Sandouville.

Le chiffre d’affaires s’établit à 738 M€ en progression de 15 % par rapport à 2017 et le ROC de la BU s’établit à -111 M€. La SLN affiche un ROC à -64 M€, en nette amélioration (+31 M€), tiré principalement par la progression des cours du nickel et la croissance des volumes de minerai exportés. L’usine de Sandouville pèse de nouveau fortement sur les résultats avec une perte de 57 M€.

La production mondiale d’acier inoxydable a augmenté de 4,8 %[14] en 2018 par rapport à 2017. Elle est restée globalement dynamique sur l’année, avec toutefois une forte progression au S1 (+9,7 %14 à période comparable de 2017) et une stabilité au S2 (+ 0,4 %14). La production en Chine s’est en effet contractée de – 0,5 %14 au S2 compte tenu d’un ralentissement dans les secteurs de l’automobile et de la construction, compensée par la forte croissance des producteurs intégrés en Indonésie dont les volumes ont été multipliés par 314 entre 2017 et 2018.

La demande de nickel primaire a ainsi progressé de 3,4 %14 sur la période, soutenue à la fois par l’acier inoxydable, et par les bonnes perspectives offertes par le développement du secteur des batteries pour véhicules électriques qui progresse de 62 %14 en 2018 (à 135 kt de nickel primaire).

La production mondiale de nickel primaire est également en hausse de 5,3 %14 en 2018 par rapport à 2017, portée par le développement continu de la production de NPI (« nickel pig iron »[15]) notamment en Indonésie.

Cette hausse de la production n’a néanmoins pas suffi à répondre à l’évolution de la demande, et le bilan offre/demande du nickel reste déficitaire en 2018, tout comme en 2017, avec un déficit de plus de 100 kt14 de nickel. Les stocks de nickel au LME[16] et SHFE16 ont ainsi baissé de façon continue et significative durant toute l’année et s’élèvent à 222 kt à fin décembre 2018 (- 46 % par rapport à fin décembre 2017).

La moyenne des cours au LME a progressé de 26 % en 2018 à 5,95 USD/lb (13 118 USD/t), en comparaison avec une moyenne de 4,72 USD/lb (10 407 USD/t) en 2017. Après une forte progression au S1, les menaces de tensions dans les échanges internationaux ont pesé au S2 sur les perspectives de croissance, notamment en Chine, impactant défavorablement les cours. Ces derniers ont par ailleurs été soutenus par l’affaiblissement du cours du dollar sur l’année.

En Nouvelle-Calédonie, le blocage du centre minier de Kouaoua entre août et octobre a généré un impact sur le résultat opérationnel courant du Groupe de 11 M€ pour l’exercice 2018.

Grâce à une bonne production minière (hors Kouaoua), la SLN a néanmoins atteint un niveau record de 1,2 Mt de minerai exporté en 2018, soit une hausse de 36 % par rapport à 2017. Le minerai exporté est de moindre teneur en nickel et ne peut servir à alimenter la production métallurgique locale.

La production métallurgique de nickel à Doniambo est en retrait de 4 % en 2018 par rapport à 2017, tandis que les volumes de ventes de ferronickel restent stables s’élevant à 55,3 kt.

Le cash cost[17] aux conditions économiques réelles de la SLN s’établit à 5,7 USD/lb[18] au S2 2018 et à 5,8 USD/lb18 en 2018, pénalisé principalement par l’évolution de la parité euro/dollar, le renchérissement du prix du fioul et les difficultés dans les opérations minières. Le break-even cost17 s’élève à 6,5 USD/lb en 2018.

Face à ces défis internes et externes, un plan de sauvetage de la SLN a été défini fin 2018. Son succès nécessite l’implication de toutes les parties prenantes sur les premiers mois de 2019, dans un calendrier serré. Ce plan repose sur la mise en place effective du nouveau modèle économique incluant une augmentation des volumes de minerai exporté, des progrès dans l’amélioration de la performance interne et la réduction à court terme du prix de l’énergie.

Le nouveau modèle économique, rééquilibré sur deux métiers, la mine et la métallurgie, permettra d’accroître les revenus de la société par une meilleure valorisation du domaine minier actuel et de diminuer corrélativement le cash cost. La réussite de ce modèle repose sur un objectif de volume de 4 Mt de minerai exportées par an, avec l’atteinte de ce rythme dès le second semestre 2020. Ceci est conditionné à l’obtention d’autorisations de nouvelles demandes d’exporter, qui seront déposées dans le courant du 1er trimestre 2019. SLN vise un objectif de 1,5 Mt d’exports de minerai dès 2019.

Le plan de sauvetage a pour objectif une amélioration intrinsèque du cash cost de 1,30 USD/lb en 2021.

Sa mise en place est indispensable sans quoi les prêts accordés par Eramet et l’Etat seraient épuisés en 2020, dans les conditions actuelles de marché. Pour y parvenir, la SLN est en dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les autorités locales, et les partenaires sociaux.

Après l’arrêt annuel à mi- année pour travaux de grande maintenance, le redémarrage de l’activité de l’usine de Sandouville a été lent, passant d’un taux de marche de 20 à 60 % en 2018. Les performances opérationnelles n’ont toutefois pas permis d’atteindre le break-even cash à date, et l’usine a donc creusé ses pertes. Des renforts techniques ont été affectés à Sandouville et le Groupe met tout en oeuvre afin de délivrer des progrès significatifs et vise un taux de marche de 80 % pour atteindre le break-even.

En Indonésie, la mise en oeuvre du projet Weda Bay Nickel s’est traduite par le lancement des travaux de construction de l’usine de production de NPI (fonte au nickel). Les 1ères tonnes produites sont attendues fin 2020 avec une capacité de production à terme de 30 kt de NPI, et un off-take de 43 % pour Eramet.

BU Sables Minéralisés

Suite au succès de l’OPA en juillet 2018, TiZir est désormais intégré à 100% dans Eramet et cet actif est consolidé globalement dans les comptes du Groupe à compter du 1er juillet 2018.

En 2018, TiZir (sur une base annuelle à 100 %) affiche un chiffre d’affaires de 272 M€ en forte hausse
(+ 31 %) par rapport à 2017, dans un environnement de prix très favorable, et un ROC de 45 M€ en progression de 36 %. Lors de la consolidation à 100% de TiZir, un ajustement comptable de la valeur des stocks de 10 M€[19] a été constaté au bilan, réduisant du même montant les marges des ventes du S2.

Les marchés finaux des produits de TiZir ont été bien orientés durant l’année 2018 : marché des Céramiques pour le zircon (environ 50 % des débouchés[20]) et marché des Pigments pour les produits titanifères[21] (environ 90 %20).

Concernant le zircon, le bilan offre/demande s’est tendu en 2018, notamment pour le zircon premium, avec une forte croissance de la demande en Europe (21% de la demande totale de zircon20). La demande en Chine, qui représente près de la moitié du marché20, a ralenti en fin d’année.

La bonne tenue du marché des pigments a induit une forte demande des produits titanifères, notamment le laitier de titane de qualité CP[22], fabriqué à l’usine norvégienne de TiZir. En 2018, la baisse de production mondiale de rutile et des incidents chez certains producteurs de laitier de titane s’est traduite par une hausse des prix.

Le prix moyen du Zircon s’est élevé à 1 466 USD/t[23] en 2018, en progression de 33% par rapport à 2017. Le prix moyen du laitier de titane de qualité CP a, quant à lui, progressé de 12% à 687 USD/t[24].

En amont, au Sénégal, la production annuelle de concentrés de minéraux lourds (minerai titanifère[25] et Zircon) a atteint un niveau record à 774 kt, soit une augmentation de 7 %[26].

Les volumes de ventes de Zircon ont progressé de 7 %26 en 2018 à 65 kt. Les ventes externes d’ilménite, pénalisées en début d’année par les travaux sur la voie de chemin de fer aux alentours de Dakar, ont progressé sur le S2 pour atteindre 236 kt, soit une hausse annuelle de 6 %26.

En aval, à l’usine norvégienne de TiZir, la production de laitier de titane s’élève à 189 kt en progression de 4 %26. Les volumes de ventes augmentent de 26 %26, à 201 kt compte tenu d’un faible niveau de ventes en 2017 suite à la reconstitution des stocks de l’usine après l’arrêt du four en 2016.

BU Lithium (Projet)

En 2018, Eramet a poursuivi activement les travaux de développement de son gisement de lithium en Argentine.

Depuis sa découverte au début de la décennie, les travaux de géologie ont permis de porter les quantités de ressources à 9,9 Mt LCE[27].

La décision d’investissement devrait être prise au printemps 2019, à l’issue des études d’ingénierie détaillées actuellement en phase finale et du processus d’autorisations administratives en Argentine.

La capacité de production visée est de 24 kt LCE par an, revue à la hausse en 2018, pour un investissement de l’ordre de 500 M€ qui devrait s’étaler sur trois exercices. Sous réserve de la décision, la production devrait démarrer fin 2021.

  • Division Alliages Haute Performance

Le chiffre d’affaires de la division Alliages Haute Performance est en retrait de 6 % à 1 020 M€ et le ROC de la division affiche une perte de 8 M€, en baisse de 40 M€ par rapport à 2017, reflétant une évolution contrastée des activités. Le ROC d’Erasteel progresse à 4 M€ dans un environnement favorable de prix des matières premières, tandis qu’Aubert & Duval enregistre une perte de 12 M€.

Sur l’année 2018, le chiffre d’affaires d’Aubert & Duval s’élève à 796 M€, en baisse de 10 % par rapport à 2017, pénalisé, notamment par un recul de 11 % dans le secteur aéronautique (558 M€ en 2018).

Les volumes de pièces de structures et moteurs aéronautiques restent pénalisés par un ajustement de cadences de programmes gros porteurs sur lesquels la société est positionnée.

Le chiffre d’affaires du secteur des turbines terrestres a également baissé de 39 % à 46 M€, impacté par la faiblesse des carnets de commandes des grands acteurs de l’énergie,

Enfin, la presse à matricer de 40 kt de l’usine de Pamiers a connu une panne courant T4 2018 et la production a repris fin janvier 2019.

En fin d’année 2018, l’activité d’Aubert & Duval a également été impactée par la mise en conformité du système de management de la qualité, nécessitant des procédures de vérifications et le déploiement d’un plan d’actions correctives en ligne avec les meilleurs standards internationaux.

Dans ce contexte, une provision non courante de 65 M€ a été comptabilisée dans les comptes de la division afin de prendre en compte l’estimation à date du coût du traitement de cette revue approfondie des processus qualité, notamment les frais d’expertises et l’impact des rebuts potentiels. En collaboration avec les clients, les expertises complémentaires menées depuis près de trois mois ont confirmé à ce jour qu’il n’y a pas d’atteinte à la sécurité des produits en usage.

Les résultats d’Aubert & Duval continueront d’être impactés au S1 2019 par le ralentissement des expéditions consécutif à la mise en conformité des processus qualité et à l’arrêt de la presse 40 kt de Pamiers. Pour 2018, cet impact s’est élevé à environ 14 M€ sur le résultat opérationnel courant.

A l’inverse, Erasteel voit son chiffre d’affaires progresser de 21 % à 227 M€, notamment dans les aciers rapides, portée par le prix des matières premières. 

La revue stratégique menée au sein de la division Alliages Haute performance a permis de :

  • focaliser les activités et les investissements de la division sur six segments de marché stratégiques majeurs : aéronautique, turbines terrestres, défense, nucléaire, aciers rapides issus de la métallurgie des poudres et fabrication additive,
  • définir un projet de structuration des activités d’Aubert & Duval et Erasteel en trois business units (« BU ») distinctes et en charge de leur performance propre : BU Pièces Matricées, BU Produits Forgés et Laminés et BU Aciers Rapides et Recyclage,
  • concevoir un projet de réorganisation des usines et des fonctions support.

Chaque business unit a pour objectif de redresser les résultats dans un périmètre plus agile, de conquérir de nouvelles parts de marché sur les segments stratégiques. C’est notamment le cas dans le secteur aéronautique sur les programmes monocouloirs, tant sur les pièces de moteur que de structure et les produits longs.

Présentation des résultats annuels 2018

Une retransmission en direct sur Internet de la présentation des résultats annuels 2018 aura lieu le jeudi 21 février 2019 à 10h30 (heure de Paris), sur le site www.eramet.com. Les documents de présentation seront disponibles lors de la retransmission.

Pour s’inscrire, cliquer sur le lien affiché sur le site internet du Groupe (www.eramet.com).

Calendrier

25.04.2019 : Publication du chiffre d’affaires du 1er trimestre 2019

23.05.2019 : Assemblée Générale des actionnaires

24.07.2019 : Publication des résultats semestriels 2019

À PROPOS D’ERAMET

Eramet, groupe minier et métallurgique mondial, est un acteur clé de l’extraction et de la valorisation de métaux (manganèse, nickel, sables minéralisées) et de l’élaboration et la transformation d’alliages à forte valeur ajoutée (aciers rapides, aciers à hautes performances, superalliages, alliages d’aluminium ou de titane).

Le groupe accompagne la transition énergétique en développant des activités à fort potentiel de croissance, telles que l’extraction et le raffinage du lithium, et le recyclage.

Eramet se positionne comme le partenaire privilégié de ses clients des secteurs de la sidérurgie, l’aciérie inox, l’aéronautique, l’industrie des pigments, l’énergie, et les nouvelles générations de batteries.

En s’appuyant sur l’excellence opérationnelle, la qualité de ses investissements et le savoir-faire de ses collaborateurs, le groupe déploie un modèle industriel, managérial et sociétal vertueux et créateur de valeur. Entreprise citoyenne et contributive, Eramet oeuvre pour une industrie durable et responsable.

Eramet compte près de 13 000 collaborateurs dans une vingtaine de pays et a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’euros.

Pour plus d’information, rendez-vous sur www.eramet.com

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