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Rencontre avec Skyrora et ses propulseurs de fusée imprimés en 3D

Parcourir les allées du salon de Farnborough réserve parfois de bonnes surprises. Lors d’un détour au sein de l’exposition Aerospace 4.0, nous avons fait la rencontre avec l’équipe de Skyrora, start-up prometteuse qui développe un lanceur pour le marché des satellites basse-orbites.

 

Un marché du satellite qui se privatise

Il y a encore quinze ans, croiser le chemin d’une entreprise privée développant des lanceurs spatiaux relevait de l’impossible. Avec l’arrivée de moyens de productions à grande échelle pour satellites et l’inspiration suscitée par le succès incroyable de SpaceX, d’ambitieuses start-up se sont depuis créées pour accéder aux étoiles à moindres coûts.

C’est donc en suivant cette tendance que Skyrora a été fondée il y a un an en terres édimbourgeoises. Elle fédère aujourd’hui une équipe de 15 personnes autour d’un projet de lanceur léger destiné à la mise en orbite de satellites basse-altitudes (aux alentours de 360 km). En visant à terme une charge utile de 300 kg avec la Skyrora XL, ses développeurs espèrent séduire une clientèle à la recherche d’une solution économique pour l’envoi de satellites d’observation terrestre.

Il faut dire que la conjoncture actuelle du marché spatial semble être idéale pour qui ambitionne de placer des charges en orbite. Alors que les prévisions parlent d’un volume de 3 000 satellites de plus de 50 kg à produire d’ici 2026, aucune agence spatiale gouvernementale n’a pour le moment signifié d’intérêt pour le segment des satellites basse-orbites. Les entreprises privées disposent presque d’un boulevard devant elles …

 

La Skyrora I est la première étape de développement du programme. Elle est de taille réduite par rapport à la Skyrora XL, qui devrait emporter 300 kg de charge utile @ AeroMorning

 

De l’impression 3D pour réduire les coûts

Chez Skyrora, on ambitionne de concevoir et produire un lanceur économique. Pour se faire, la start-up a souhaité mettre en place une organisation que l’on retrouve chez la plupart des entreprises privées du spatial et qui a fait le succès de la formule SpaceX. D’après Richard Osborne, un responsable du programme rencontré au salon, « Skyrora a dès le départ souhaité adopter une organisation managériale de type start-up, pour offrir aux équipes de développement un maximum de flexibilité. En faisant ainsi, nous souhaitons d’une certaine manière bousculer les codes de l’industrie aérospatiale ».

En outre, les ingénieurs de Skyrora entendent réduire les coûts de leur lanceur Skyrora XL en faisant appel à une méthode presque avant-gardiste en aérospatiale : les composants du propulseur devraient être produits par fabrication additive (ou impression 3D). Si la formule fonctionne, on imagine bien que l’impact sur la réduction des coûts et des délais de production pourrait être énorme ! Les défis à relever pour rendre la technologie fiable restent toutefois encore nombreux.

Actuellement, l’entreprise réalise ses premiers tests de propulseur sur une fusée de taille réduite, la Skyrora I. Si tout va bien, l’équipe technique devrait faire évoluer graduellement la taille des composants afin d’atteindre la taille définitive du propulseur destiné à Skyrora XL, le lanceur final.

Et signe que Skyrora a choisi le bon moment pour se lancer, le gouvernement britannique a annoncé au cours du salon de Farnborough la création d’un port spatial à 2.5 millions de livres en Ecosse du Nord. Richard Osborne nous a confié avec sourire « nous pourrions avoir envie de décoller de là-bas une fois prêts » …

 

Loïck LAROCHE-JOUBERT, à Farnborough pour AeroMorning

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